r L'objet du délit
Agnès Jaoui, Frankreich, Belgien, 2026o
Hinter den Kulissen einer ambitionierten Inszenierung der Oper „Die Hochzeit des Figaro“ spitzen sich die Spannungen zu, als eine Anschuldigung wegen sexueller Nötigung bekannt wird, die die Produktion gefährdet und jeden dazu zwingt, Stellung zu beziehen. Meinungs- und Generationskonflikte treten zutage.
Peut-on s'amuser du mouvement #MeToo? Agnès Jaoui prouve que oui avec cette comédie bien balancée, écrite et réalisée en solo cinq ans après la disparition de son complice Jean-Pierre Bacri, à qui elle est dédiée et qui vient la hanter. Les amateur·ices de leur filmographie commune, de Cuisine et dépendances à Place publique, apprécieront tout particulièrement ce film en abyme, qui remet à jour la bonne vieille guerre des sexes. Tout se joue dans les coulisses d'une production opératique, relecture voulue féministe des Noces de Figaro de Mozart par une jeune influenceuse bombardée metteuse en scène par un promoteur malin. Une dizaine de personnages-clé s'agitent dans ce qui a tout d'un fiasco annoncé, surtout dès lors qu'un baryton italien arrogant commet un geste déplacé sur une partenaire qui n'est autre que la fille du principal investisseur. S'agit-il pour autant d'une agression sexuelle tombant sous le coup de la loi? Les esprits s'échauffent, au risque de faire capoter toute l'entreprise. Il y encore là un ancien couple, Agnès Jaoui en cantatrice vieillissante qui ne voit plus où est le mal et Daniel Auteuil (à la place de Bacri) en chef d'orchestre qui craint de se voir dénoncé à son tour, et un nouveau couple potentiel, porteur d'une innocence bienvenue. À partir de cette situation ambigüe à souhait, la cinéaste s'en donne à cœur joie, l'envisageant au prisme des différentes générations – le pire étant sans doute que chacun·e a ses propres raisons et contradictions. Bref, c'est toute la leçon de La règle du jeu de Jean Renoir appliquée avec talent, même si la réalisation reste encore une fois en retrait de l'écriture et du jeu des comédien·nes.
Norbert Creutz
