I Swear
Kirk Jones, GB, Irland, 2025o
Bei John Davidson wurde im Alter von 15 Jahren das Tourette-Syndrom diagnostiziert. Er kämpft sich gegen alle Widerstände durch seine schwierige Jugendzeit und bis ins Erwachsenenalter vor und findet Inspiration in der Freundlichkeit anderer, um seinen wahren Lebenssinn zu entdecken.
Avant même sa sortie en Suisse, Plus fort que moi (I Swear) a fait couler beaucoup d’encre. Alors que son acteur principal, Robert Aramayo, était célébré aux Bafta pour son interprétation de John Davidson, activiste écossais atteint du syndrome de Tourrette, ce dernier, assis dans la salle, suscitait la colère du public en adressant un retentissant «nigga» aux acteurs afro-américains Michael B. Jordan et Delroy Lindo, qui présentaient l’un des prix. La vague d’indignation, compréhensible compte tenu de la violence du propos, en dit également long sur l’ignorance entourant ce trouble neurologique qui se traduit par des manifestations langagières totalement incontrôlées. Cette scène arrachée à l’actualité trouve un écho direct dans la séquence d’ouverture du film, où l’on voit Davison, reçu en 2019 par la reine Elizabeth II, lâcher un «Fuck the queen» des plus audibles devant l’intéressée. Réalisé par Kirk Jones, Plus fort que moi est avant tout le film de son acteur: Aramayo brille dans le périlleux exercice de jouer la vie d’un homme atteint d’un syndrome dont les manifestations entraînent trop souvent la moquerie, l’incompréhension, voire des réactions violentes de la part de ses victimes. Débutant dans les années 80, le film dévoile l’univers d’un adolescent de quatorze ans dont les talents de gardien de but suscitent l’admiration dans son village écossais. Son monde se brise lors de son entrée au gymnase, où ses premières manifestations du syndrome en font un paria moqué par ses pairs et puni par ses professeurs. Plus fort que moi fait corps avec le quotidien de ce jeune homme risquant constamment de se livrer à des comportements inadéquats, dont nous suivons l’évolution au fil des années. Sujet de plusieurs documentaires, Davidson s'est fait connaître du public britannique comme ambassadeur du syndrome dont il souffre. Espérons que la performance d’Aramayo fasse avancer la connaissance de ce trouble encore méconnu auprès du plus grand nombre.
Clément DesbailletGalerieo
