r Victor comme tout le monde
Pascal Bonitzer, Frankreich, 2026o
Inspiriert von Victor Hugo sucht der Schauspieler Robert Zucchini seinen Platz zwischen Bühne und Leben. Jeden Abend füllt er die Theater, indem er seine Liebe zu den Worten mit dem Publikum teilt. Bis zu dem Tag, an dem seine Tochter, deren Aufwachsen er verpasst hat, wieder auftaucht.
L'acteur et le personnage public, grand défenseur du patrimoine littéraire français, se confondent de plus en plus chez Fabrice Luchini, vedette à part. Il apparaît «tel qu'en lui-même» dans ce film où il incarne un certain Robert Zucchini, comédien qui remplit des salles de théâtre parisiennes avec ses lectures de Victor Hugo. Une réalité que ce film a su saisir... de manière documentaire, son scénario l'ayant anticipée! Celui-ci est en effet le dernier de la cinéaste Sophie Fillières, disparue en 2023, pour finir réalisé par son ex-compagnon Pascal Bonitzer. Et le résultat, qui utilise Hugo, sa vie et son œuvre, pour une histoire de retrouvailles par-delà la mort, en devient joliment troublant. À la veille de sa première, Zucchini apprend le décès de son ex-épouse par l'intermédiaire de sa fille Lisbeth, qu’il n’a pas vue grandir. Ce retour du passé, ou plutôt du présent, frappe un solitaire qui s'était réfugié dans sa passion des mots. Entre une compagne en voyage aux États-Unis, sa propre fille qui fait soudain écho à Léopoldine, la fille adorée de l'écrivain, et la rencontre de trois jeunes comédiennes qui ont monté leur propre spectacle autour de Hugo dans une perspective féministe, le voilà complètement déstabilisé. Peut-on encore vénérer le grand Victor, peu exemplaire dans son rapport à l'autre sexe, et est-il encore temps pour se rattraper de ses propres manquements? Si la mise en scène n'a rien de renversant, elle colle discrètement à ce scénario qui explore avec finesse les rapports complexes entre admirations et sentiments réels. Sans oublier ce trouble face à un temps qui finit toujours par vous rattraper. D'où une comédie plus profonde et personnelle qu'il n'y paraît.
Norbert CreutzGalerieo
