r Le crime du 3e étage
Rémi Bezançon, Frankreich, 2026o
Misanthropic novelist François writes gripping crime stories – “Agatha Christie meets The Scarlet Pimpernel” – but outside of the swashbuckling imaginary world of his Marquis la Rose-novels, life is far from thrilling. His partner Colette, a professor at the Sorbonne and world-renowned expert on Alfred Hitchcock, is tired of watching François sit around their apartment in his pyjamas and yearns for the excitement of the classic films she watches with her students. When Colette begins to suspect their flamboyant actor neighbour of murdering his wife, the couple’s mundane lives are turned upside down – and their stale relationship is jolted back to life.
Un divertissement cinéphile basé sur Alfred Hitchcock, maître incontesté du suspense: comment ne pas être partant? Le Français Rémi Besançon s'y est essayé avec un certain culot mais aussi la modestie de garder la chose du côté de la comédie, façon Woody Allen. Sage décision. Car même si l'on reste aussi nettement en deçà de cet autre maître, la tonalité pas trop sérieuse du pastiche plaide pour l'indulgence. Il y est question d'une professeure de cinéma (spécialiste de Hitchcock, donc) qui soupçonne son nouveau voisin d’en face d’avoir tué sa femme. Réalité ou déformation professionnelle? Son mari, quant à lui écrivain de romans historico-policiers, d’abord sceptique, se laisse embarquer dans une enquête rocambolesque qui mènera le couple jusque dans un théâtre, où ledit voisin interprète Hamlet. Les principales références vont ainsi de Fenêtre sur cour à Meurtre mystérieux à Manhattan, en passant par Le magnifique (Philippe de Broca) et To Be or Not to Be (Ernst Lubitsch), et il est amusant de voir comment elles s'imbriquent dans l'imagination débridée de l'auteur. Le duo Laetitia Casta-Gilles Lellouche fonctionne plutôt bien, avec en prime un Guillaume Gallienne qui se régale ainsi placé à mi-chemin entre ces simulacres du réel que sont le théâtre et le cinéma. Quant à Besançon, il se montre habile pasticheur à défaut de faire preuve de vraies originalité ou profondeur dans sa mise en abyme. Une séquence intrigue toutefois durablement: celle qui voit l'héroïne interviewer Hitchcock lui-même, recréé sans doute à l'aide d'une IA sur la base de ses entretiens avec François Truffaut. À l'avenir, tout sera donc permis? Seule consolation: l'authentique génie, lui, reste hors de portée.
Norbert Creutz
