r Las corrientes
Milagros Mumenthaler, Argentinien, Schweiz, 2026o
Die argentinische Künstlerin und Modedesignerin Lina befindet sich auf dem Höhepunkt ihrer Karriere. Nach einer Gala in der Schweiz, bei der sie einen Preis erhalten hat, überkommt sie auf einer menschenleeren Brücke ein seltsamer Impuls – und sie stürzt sich ins eiskalte Wasser. Zurück in Buenos Aires erzählt Lina niemandem etwas von dem Vorfall. Doch langsam und leise enthüllt sich ihr etwas aus ihrer Vergangenheit, von dem sie dachte, sie hätte es hinter sich gelassen.
Les cheveux, avant de se couper, ça se filme. La Suisso-argentine Milagros Mumenthaler n’est pas la dernière à savoir que l’histoire du cinéma forme une longue tresse tantôt brune, tantôt blonde, tantôt rousse. Aussi la matière de son film aux accents formalistes est-elle avant tout capillaire. À Genève, une designeuse argentine se jette dans le Rhône en plein hiver. Elle rentre à Buenos Aires sans évoquer l’incident à personne; même son mari n’en saura rien. On découvre peu à peu que l’héroïne a une aversion pour l’eau. Laver ses longs cheveux est une épreuve. Ce trouble psychique fait tache dans le quotidien bourgeois de ce couple en vue dans le milieu privilégié de la capitale argentine. Que personne ne soit capable d’aborder le mal dont souffre la protagoniste semble certes un peu tiré par les cheveux, mais il faut se rendre à l’évidence: les nanti·es ne sont pas immunisé·es contre la bêtise, loin de là. Ce que prouve le personnage de l’époux, que seule la sauvegarde des apparences intéresse. Sa femme a de beaux cheveux, oui.
Emilien Gür
