r Coutures
Alice Winocour, Frankreich, USA, 2026o
In the frenzy of Fashion Week, three women cross paths in Paris, grappling with the world's tragedies and the questions of their lives: Maxine, an American film director in her forties, discovers she has cancer; Ada, a young South Sudanese model, escapes a predetermined destiny to be thrust into a deceptive universe and French makeup artist Angèle, a small hand working in the shadows of the catwalks, dreams of escaping her life.
Qu’est-ce que ça donne une star couronnée (Angelina Jolie), un éternel bellâtre (Louis Garrel), une étoile montante (Ella Rumpf) et une inconnue épatante (la mannequin Anyier Anei) devant la caméra d’Alice Winocour (Maryland, Revoir Paris)? Un cocktail mondain, un défilé de noms, des univers qui se frôlent et des destins qui se croisent. Dans la capitale mondiale du glamour, Paris, une cinéaste américaine s’apprête à filmer un clip pour une grande marque de mode; un jeune modèle soudanais fait ses premiers pas sous les feux de la rampe; dans leur coin, l’assistant de la réalisatrice et une costumière aux aspirations littéraires se débrouillent comme iels peuvent. Winocour prend son temps pour planter le décor et chaque piste narrative est, à priori, intéressante. Si le film était un match de foot (actualité oblige), on se dirait, la mi-temps arrivée, qu’il s’agirait désormais de faire circuler le ballon du récit. On imagine volontiers Winocour, dans les vestiaires, inviter ses joueur·ses à lever les yeux de la balle et à créer des occasions. Mais Jolie, dont le personnage vient d’apprendre qu’il a un cancer, a d’autres chats à fouetter; Anei a encore tout à apprendre du monde de la mode; Rumpf ne sait plus où donner de la tête; et Garrel… tiens, où est-il passé? À la deuxième mi-temps, la sélection de Winocour se prend les pieds dans le tapis du film choral, mais la cinéaste sauve la partie grâce un défilé de mode crépusculaire, formidable final. Peu attirée par la narration à proprement parler, la cinéaste se révèle une puissante créatrice d’atmosphères, ce qui sied plutôt bien à un film se déroulant dans le milieu de la mode.
Emilien Gür
