r Le chantier
Jean-Stéphane Bron, Frankreich, Schweiz, 2025o
In den geschlossenen Räumen dieser einzigartigen Baustelle zeichnet der Film ein zeitgenössisches Porträt einer Miniaturgesellschaft, die von einem gemeinsamen Ziel getragen wird: dem Bau von Kinosälen für das kommende Jahrhundert. Vom Architekten bis zu den Zimmerleuten, vom Bauleiter bis zum Geschäftsführer der Pathé-Gruppe, vom Entwickler der Lautsprecher bis zu den zukünftigen Filmvorführern zeichnet der Film ein lebendiges Porträt dieser Gesellschaft auf menschlicher Ebene.
En Suisse comme en France, l’année 2025 a été marquée par une baisse de la fréquentation des salles obscures. Les Frères Lumière avaient-ils vu juste lorsqu’ils parlaient du cinéma comme d’«une invention sans avenir»? L’ancien patron de Walt Disney, Michael Eisner, leur donnait récemment raison en prophétisant la disparition des salles d’ici vingt ans. En attendant, la panique règne chez les distributeur·ices et les exploitant·es. Presque aussi vieux que les septième art, l’empire Pathé, dirigé par le vétéran Jérôme Seydoux, tente de sauver sa peau. Comment? En faisant du cinéma une expérience de luxe. C’est ce que révèle le nouveau documentaire du Suisse Jean-Stéphane Bron (L'Opéra de Paris), qui a suivi les étapes de la rénovation du légendaire Pathé Palace, au cœur de Paris. Signé Renzo Piano, star mondiale de l’architecture, le complexe flambant neuf a ouvert ses portes en 2024. Depuis, on peut y voir des films en se faisant servir quelques coupes de champagne. Bron dévoile le travail de tous les corps de métier impliqués dans ce gigantesque projet de rénovation. On a bien sûr droit à quelques scènes avec les stars Seydoux et Piano, mais l’essentiel du film se concentre sur les travailleur·ses anonymes: ouvrier·ères, chef·fes de projets, agent·es de propreté et futur·es employé·es du service clientèle. La pression est palpable dans de nombreuses séquences, les délais à tenir malgré les kyrielles de modifications de dernières minutes mettant les nerfs de certain·es (plus que d’autres) à vif. Le documentaire s’achève sur des images de l’ouverture, montrant une foule élégante attroupée devant les portes du complexe. Le public privilégié du nouveau Pathé Palace reste donc invisible. Mais au cours de deux apartés, Bron promène sa caméra dans des cinémas de quartier qui tournent avec la même recette qu’aux premiers jours: montrer des films au quidam.
Emilien GürGalerieo
